Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome XIV.djvu/66

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


XXIV Vous êtes riche,


Vous êtes riche, heureux, souriant, point austère,
Bien mis ; homme du monde et maître de la terre ;
Vous êtes empereur, et de plus élégant ;
Bourgeois de Suisse, ainsi que fut bourgeois de Gand
Charles-Quint, votre égal, et, sans souci de l’âge,
Vous voyez à vos pieds tout un frais vasselage
De bouches roses, d’airs aimables, de doux yeux,
De bras nus, de seins nus, ne demandant pas mieux ;
Vous êtes cavalier accompli, valseur tendre ;
Quoique j’habite loin de vous, je puis entendre
Les bénédictions, — les voeux, les hosannas
Qu’avec tous les clergés chantent tous les. sénats,
Et dont vous écoutez vaguement l’harmonie ;
Héros si bon vous semble, et, s’il vous plaît, génie,
Clio vous donne au choix le socle et les métaux
Dans tout le bric-à-brac dè ses vieux piédestaux ;
Chez vous tout est rayons, reflets d’or, parfums d’ambre,
Et, chaîne au cou, le code est huissier ’d'antichambre ;
Vous possédez sur terre un coin du firmament,
Et le Louvre, et Compiègne, et Saint-Cloud si charmant
Dans la saison riante où l’hirondelle émigre,
Ô Prince, -, et vous avez des taches comme un tigre.

7 mars.