Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome XIV.djvu/76

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Nos rochers valent des marbres ;
Le beau se fera joli
Et le moineau, sous les arbres,
Quoique franc, sera poli.

XXIX EN CONSEIL

Mai joyeux, juin frais etendre
Arriveront à propos
Pour que : vous puissiez entendre
La clochette des troupeaux.

Venez, vous verrez les guêtres
Du vieux laboureur normand ;
Les mouches par vos fenêtres
Entréront éperdûmént.

Le soir, sous les vignes vierges,
Vous Verrez Dieu qui nous luit
Allumer les mille cierges
De sa messe de minuit.

Et nous oublierons ces choses
Dont on pleure et dont on rit,
L’homme ingrat, les ans moroses,
L’eau sombre où l’esquif périt,

La fuite de l’espérance,
Les cœurs faux le temps si court,
Et qu’on partage la France
Dans la Gazette d’Augsbourg.

25 juin 1859.