Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome XIV.djvu/81

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée



Les bois respectueux ont l’air de dire : sire !
A ce larron ;
Ils ne refusent rien au maître, et s’il désire
Un liseron ;

Un iris, un bleuet candide, une pervenche,
Ils les lui font ;
Est-ce que la nature ignore là revanche,
O ciel profond !

Est-ce qu’il, est permis de se donner pour tâche
Le mal, l’horreur,
D’être un fourbe, un escroc, un gueux, un drôle, un lâche,
Un empereur,

De jeter sur Paris la mort fauve et hagarde,
Le faux serment,
L’effroi, sans que personne ait l’air d’y prendre garde
Au firmament,
Sans qu’un puissant témoin fasse aux étoiles signe
De moins briller,
Au mois de mai d’avoir moins de parfum, au cygne
De s’envoler,

Sans qu’on entende au loin gronder le flot sonore,
Le vent huer,
Et sans qu’on voie autour du coupable l’aurore
Diminuer ;

Sans qu’au nom de l’honneur, de. l’auguste justice,
Des saintes lois,
Et du grand ciel, la ronce indignée avertisse
L’ombr