Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome XIV.djvu/89

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EN PLEIN DIX-NEUVIÈME SIÈCLE.==


ROSALIE DOISE

On voulait condamner cette fille, attendu
Qu’une femme effarée, au regard éperdu,
Dont on voit le col nu que va trancher la hache,
Qui hurle, qu’à la planche effroyable on attache,
Et dont on dit : Voyez, longtemps elle se tut,
Puis parla, cela pose un jeune substitut.
On passe conseiller, président, avant l’âge,
Et l’on finit par faire un très beau mariage,
Et par avoir des champs, des femmes, un château,
En suifant la rainure où glisse le couteau.

Ne jamais gaspiller tant on se sent capable,
Son temps à distinguer l’innocent du coupable,
Ecraser l’accusé que Bergasse étouffait,
N’être point scrupuleux, se montrer si bien fait
Pour l’opprobre qu’on a l’estime de Baroche,
Etre un de ceux à qui la honte dit : approche !
Et qui viennent, — la honte aide à l’avancement, -
Eh quoi ! mais c’est tout simple ! et c’est ainsi, vraiment,