Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Roman, tome III.djvu/378

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ncevable, s’arrête en chemin et laisse là le penseur ; et le monde ne conclut pas.

Si ! le monde conclut.

Sa conclusion, c’est : Quelqu’un.


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Il faut bien le reconnaître, et c’est là qu’on est irréfragablement conduit, en dehors même de toute observation intérieure, la nature accable l’homme d’on ne sait quelle clarté qui rayonne d’autant plus qu’on la regarde plus fixement, et qui, chose étrange, sans cesser d’être un mystère, finit par être une évidence.

En présence de ce fait permanent, prodigieux pour les forts, monstrueux pour les faibles, que faire ? Comment se mettre bien avec cette irradiation ? Comment échapper à la terreur sacrée ?

Le genre humain se précipite dans les religions, portes ouvertes.

Mais des religions peuvent naître et naissent les superstitions et les fanatismes, ces difformités de la foi.

Danger.

Les sages, les philosophes, les libres penseurs l’ont compris.

Comment obvier à ce péril ?

En extirpant la « Religiosité » ; en ôtant de l’Éternité l’Intelligence ; en ôtant du tombeau l’avenir ; en bornant l’homme à la vie ; en faisant le moi de chair pour vivre et de cendre pour s’anéantir ; en niant Dieu, en niant l’âme ; en supprimant le « surnaturalisme ».

Déclarer l’homme animal.

Fonder sur l’homme animal la société matérielle ; c’est-à-dire limiter la conscience humaine au succès et l’aspiration humaine au bien-être.

Que vaut cet effort ?

Examinons-le.

Expliquons-nous sur l’homme pure machine.