Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Roman, tome IX.djvu/446

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Puis cette description d’une tour bien différente de cette ruine imposante et sévère, la Tourgue :

Cette étrange et énorme tour était composée de plusieurs longues bâtisses amalgamées et adhérentes. Il y avait une chapelle étroite et haute, une sorte de maison à six étages dont les fenêtres, pareilles à des meurtrières, étaient bardées de fer, toutes sortes de gloriettes bizarres, et quatre ou cinq tourelles, et au-dessous de ce faisceau d’édifices hybrides composant en réalité un seul édifice, il y avait assez de roche et de muraille pour rendre la tour imprenable.

On eût dit qu’on avait ramassé, réuni et lié tout cela au hasard comme une botte de branches que fait un fagotier. De là une surprenante silhouette sur l’horizon.

Il y avait deux façons d’attaquer ce sinistre château plus haut que la forêt, plus bas que la montagne. On pouvait donner l’assaut par le plateau ou par le ravin. Par le plateau, on dominait, par le ravin on surprenait.


Les marquis de MontsabronRochaiglon étaient princes de la Garnache et, en cette qualité, membres de la maison de Rohan et princes de Bretagne ; ils portaient le titre de marquis et non de princes, de même que Turenne qui, étant Bouillon, était prince et portait le titre de vicomte ; de même que les Viluma qui sont ducs de Sotomayor et préfèrent s’appeler marquis de Viluma. Ceci était d’ailleurs fréquent dans la noblesse française où le titre de prince n’était pas classé. Les vicomtes Gauvain étaient la branche cadette des marquis de Montsabron. — Le marquis régnant de Montsabron, Hercule Gauvain, est le grand-oncle du vicomte Hoël Gauvain, élève de l’abbé Cimourdain.


En marge d’une autre liste de noms, cette proposition faite sans doute par le duc de Réthel à la tante de Gauvain :

Madame, je suis veuf, je n’ai pas d’enfants, j’ai soixante-quatre ans, j’entretiens trois danseuses, je ne me remarierai pas, j’adopte votre neveu.


À mesure que le plan se précise, le nombre des personnages accessoires diminue ; en voici maintenant trois des principaux, tels que Victor Hugo les voyait encore en 1872[1] :

Les trois branches de la famille Gauvain menaçaient de s’éteindre. Une vieille fille qui avait l’âge d’une bisaïeule, un veuf et un orphelin, c’est là tout ce qui en restait. La vieille fille qui représentait la branche aînée s’appelait la vicomtesse Hoël,

  1. Au dos d’un fragment contenant quelques vers datés : 2 novembre 1872. (Note de l’éditeur.)