Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Roman, tome IX.djvu/484

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ceau de chaume ; quand ses soldats, la bataille finie, vinrent le chercher, il était mort ; il fut enterré par ses hommes, la nuit, dans le cimetière du bourg de Quelaines.

P. 363. Fin des principaux chefs chouans.

Lecomte, trahi par un des siens et fusillé. Delière, tué du côté du bois de Misdon. Rochambeau, fusillé. Placenette, Mousqueton, tués.

P. 377. Malheurs de la famille Chouan.

Résumé des malheurs des trois frères et des deux sœurs de Jean Chouan, et supplique en faveur du dernier survivant, René Cottereau.

P. 393. Pièces justificatives. Lettre de Kléber sur la chouannerie.

Kléber écrit le 16 avril 1794, au général en chef Rossignol, le résultat de ses observations, et considère que les chouans ne sont nullement des troupes de brigands, mais sont parfaitement organisés, connaissant très bien le pays coupé de fossés, de haies et de bois, évitant les troupes républicaines quand ils ne sont pas en force et les attaquant quand ils supposent avoir sur elles l’avantage. Kléber conclut qu’on ne terminera pas cette guerre sans de vastes mesures sagement combinées. Victor Hugo s’est servi de ces renseignements pour préciser la méthode de combat des chouans.

P. 395. Énumération des cantonnements de Kléber.

Le général Chabot à Mayenne, Laval et Craon ; Bernard à Fougères ; Bouland à Ernée ; Decaën à la Gravelle ; Vérine à Vitré ; Trahour à la Guerche ; Bouchotte au Cormier.

P. 450. La chouannerie expliquée et peinte par Coquereau.

C’est une lettre adressée le 15 mars par Coquereau au Comité de Salut public, qui explique pour quels motifs quatorze départements ont pris les armes : le mauvais choix des autorités dans le principe, leur intolérance ; les entraves mises aux opinions religieuses. L’amnistie étant accordée, l’exercice de la religion étant libre, les vexations ayant disparu, les insurgés sont décidés à crier : vive la paix ! Coquereau expose la tactique qui a été suivie par les insurgés et les résultats obtenus.

Dans les volumes de Louis Blanc sur la Révolution française, Victor Hugo n’a guère retenu, sur la Vendée, que la prise des canons. Louis Blanc rapporte que, dans le village de Pin-en-Mauge, vivait un brave homme, Cathelineau, d’abord ouvrier en laines, puis colporteur et sacristain de sa paroisse ; il mena ses hommes à Jallais où était un poste républicain, le poste fut enlevé, on prit une pièce de canon que les paysans, ravis, baptisèrent gaiement le Missionnaire, et Cathelineau, poussant plus loin ses avantages, entra à Cholet, y trouva des munitions, des armes, du canon, et la Marie-Jeanne fut donnée pour compagne au Missionnaire. Mais l’armée vendéenne avait perdu devant Fontenay sa chère Marie-Jeanne, cette belle pièce en bronze qui portait les armes du cardinal de Richelieu et l’image de la Vierge ; elle avait juré de la reprendre ou de mourir.

Victor Hugo, dans son chapitre v : Leur vie en guerre, rappelle ces faits :

Ils prirent d’abord un beau canon de bronze qu’ils baptisèrent le Misssonnaire, puis un autre qui datait des guerres catholiques et où étaient gravées les armes de Richelieu et une figure de la Vierge ; ils l’appelèrent Marie-Jeanne. Quand ils perdirent Fontenay, ils perdirent Marie-Jeanne, autour de laquelle tombèrent sans broncher six cents paysans ; puis ils reprirent Fontenay afin de reprendre Marie-Jeanne.