Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Roman, tome IX.djvu/488

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10 février. M. Michaëlis m’a envoyé à signer le traité pour la traduction de 93 en langue russe.

12 février. M. Franck, 87, rue Richelieu, m’écrit pour s’entendre avec moi sur la traduction allemande de 93.

15 février. Mon livre 93 paraîtra le 19 février. Les journaux en publient aujourd’hui la table.

Un libraire allemand, Wolf, de Strasbourg, m’écrit pour m’offrir 4 000 francs comptant du droit de traduction en Allemagne pour trente ans du livre Quatrevint-treize.

17 février. Nous avons été dîner chez Meurice. Il y avait M. et Mme Ernest Lefèvre, Vacquerie, MM. Blum et Constant Laurent. On m’a conté l’incident d’aujourd’hui qui les a tenus sur pied une partie de la nuit et tout le jour. Cinq lignes de texte de Quatrevingt-treize manquaient p. 210 (t. II), il a fallu faire un carton en hâte, même dans les volumes déjà brochés, plus de 2 000.

19 février. Quatrevingt-treize paraît aujourd’hui. Date à ajouter pour moi à toutes celles de mon mois de février.

Meurice est revenu. Nous sommes allés ensemble chez Michel Lévy. J’ai signé des exemplaires de Quatrevingt-treize.

Pendant que j’étais là, un télégramme est arrivé de Londres demandant en hâte un nouvel envoi.

Le succès de 93 semble s’annoncer très grand ; il est parti aujourd’hui de chez Michel Lévy 5 200 exemplaires.

20 février. M. Michaëlis est venu m’apporter une offre de l’Allemagne de 5000 francs comptant pour le droit de traduction de Quatrevingt-treize. J’ai dit d’accepter.

À midi, nouvelle proposition de l’Allemagne. La première est venue de Strasbourg, la seconde de Leipsick.

J’ai fait répondre à la seconde : Trop tard.

93 emplit les journaux.

La coupure suivante du Rappel est collée au carnet :

L’excellent poète italien Boïto nous envoie avec prière de le transmettre au destinataire le télégramme suivant :

« Milan, 22, 1 h. 22 soir.

« À Victor Hugo,

« Je suis à la page 192, troisième volume. Gloire.

Boïto. »

Nous ouvrons le troisième volume de Quatrevingt-treize à la page 192. C’est celle où le marquis de Lantenac redescend de la tour incendiée où il est allé sauver les trois petits enfants.

Et nous trouvons que le poète italien n’a pas trop mal placé son admiration.

24 février. M. E. Douay, du journal l’Éclipse, est venu hier et m’a raconté que la censure venait d’interdire un dessin d’André Gill représentant Victor Hugo, statuaire, sculptant les bustes de Robespierre, de Danton et de Marat avec une petite figure d’enfant mêlée à ces hommes[1].

7 mars. M. Michaëlis m’envoie son bordereau pour le droit de traduction qui se résume ainsi :

  Angleterre 37 500 francs
Suède 1 000
Pologne 3 000
Espagne 3 000
Hongrie 1 000
Hollande 500
Italie 7 500
Allemagne 5 000
Bohême 500
Russie 800
_________
59 800 francs

Depuis le mois de septembre 1873, Michel Lévy a vendu en 12 jours 8 000 exemplaires de Quatrevingt-treize, grande édition.

20 mars. Meurice m’a apporté le spécimen de l’édition in-16 de Quatrevingt-treize qui paraîtra dans six semaines.

  1. Voir la représentation de ce dessin p. 107.