Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Roman, tome VIII.djvu/417

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COMPLICATIONS.

Maître Nicless posa la chandelle sur une table.

Le dialogue s’engagea. À demi-voix, comme un chuchotement.

— Maître Ursus…
— Maître Nicless ?
— J’ai fini par comprendre.
— Bah !
— Vous avez voulu faire croire à la pauvre aveugle que tout était ici comme à l’ordinaire.
— Aucune loi ne défend d’être ventriloque.
— Vous avez du talent.
— Non.
— C’est prodigieux à quel point vous faites ce que vous voulez faire.
— Je vous dis que non.
— Maintenant j’ai à vous parler.
— Est-ce de la politique ?
— Je n’en sais rien.
— C’est que je n’écouterais pas.
— Voici. Pendant que vous faisiez la pièce et le public à vous tout seul, on a frappé à la porte de la taverne.
— On a frappé à la porte ?
— Oui.
— Je n’aime pas ça.
— Moi non plus.
— Et puis ?
— Et puis j’ai ouvert.
— Qui est-ce qui frappait ?
— Quelqu’un qui m’a parlé.
— Qu’est-ce qu’il a dit ?
— Je l’ai écouté.
— Qu’est-ce que vous avez répondu ?
— Rien. Je suis revenu vous voir jouer.
— Et ?…
— Et l’on a frappé une seconde fois.
— Qui ? le même ?
— Non. Un autre.
— Quelqu’un encore qui vous a parlé ?
— Quelqu’un qui ne m’a rien dit.
— Je le préfère.
— Moi pas.
— Expliquez-vous, maître Nicless.