Page:Hugo - Actes et paroles - volume 7.djvu/106

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il ne serait pas facile de me faire déshériter nos enfants et nos petits-enfants. Nous travaillons d’abord pour tous les hommes, ensuite pour nos enfants.

Mais ce que nous voulons fermement, c’est que le droit de publication reste absolu et entier à la société. C’est le droit de l’intelligence humaine.

C’est pour cela qu’il y a beaucoup d’années-je suis de ceux qui ont la tristesse de remonter loin dans leurs souvenirs-j’ai proposé un mécanisme très simple qui me paraissait, et me paraît encore, avoir l’avantage de concilier tous les droits des trois personnages, l’auteur, le domaine public, l’héritier. Voici ce système : L’auteur mort, son livre appartient au domaine public ; n’importe qui peut le publier immédiatement, en pleine liberté, car je suis pour la liberté. À quelles conditions ? Je vais vous le dire.

Il existe dans nos lois un article qui n’a pas de sanction, ce qui fait qu’il a été très souvent violé. C’est un article qui exige que tout éditeur, avant de publier une œuvre, fasse à la direction de la librairie, au ministère de l’intérieur, une déclaration portant sur les points que voici :

Quel est le livre qu’il va publier ;

Quel en est l’imprimeur ;

Quel sera le format ;

Quel est le nom de l’auteur.

Ici s’arrête la déclaration exigée par la loi. Je voudrais qu’on y ajoutât deux autres indications que je vais vous dire.

L’éditeur serait tenu de déclarer quel serait le prix de revient pour chaque exemplaire du livre qu’il entend publier et quel est le prix auquel il entend le vendre. Entre ces deux prix, dans cet intervalle, est inclus le bénéfice de l’éditeur.

Cela étant, vous avez des données certaines : le nombre d’exemplaires, le prix de revient et le prix de vente, et vous pouvez, de la façon la plus simple, évaluer le bénéfice.

Ici on va me dire : Vous établissez le bénéfice de l’éditeur sur sa simple déclaration et sans savoir s’il vendra