Page:Hugo - La Fin de Satan, 1886.djvu/20

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Et la voix répéta lentement sur son front :
— Maudit ! autour de toi les astres s’éteindront. —

Et déjà le soleil n’était plus qu’une étoile.


V

Et tout disparaissait par degrés sous un voile.
L’archange alors frémit ; Satan eut le frisson.
Vers l’astre qui tremblait, livide, à l’horizon,
Il s’élança, sautant d’un faîte à l’autre faîte.
Puis, quoiqu’il eût horreur des ailes de la bête,
Quoique ce fût pour lui l’habit de la prison,
Comme un oiseau qui va de buisson en buisson,
Hideux, il prit son vol de montagne en montagne,
Et ce forçat se mit à courir dans ce bagne.

Il courait, il volait, il criait : — Astre d’or !
Frère ! attends-moi ! j’accours ! ne t’éteins pas encor !
Ne me laisse pas seul !