Page:Hugo - La Fin de Satan, 1886.djvu/45

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IV

Un long frisson émut le cadavre ; la fange,
Pleine de monstres morts, fit une plainte étrange ;
Et le spectre se mit à parler dans les vents :
Il a pu noyer l’homme et les êtres vivants,
Mais il n’a pu tuer l’airain, le bois, la pierre.
Or, nature qui viens de fermer la paupière,
Ecoute, écoutez-moi, flots, rochers, vents du ciel,
Car, ô témoins pensifs du deuil universel,
Il faut que vous sachiez ces sombres aventures :
Lorsque Caïn, l’aïeul des noires créatures,
Eut terrassé son frère, Abel au front serein,
Il le frappa d’abord avec un clou d’airain,
Puis avec un bâton, puis avec une pierre ;
Puis il cacha ses trois complices sous la terre
Où ma main qui s’ouvrait dans l’ombre les a pris.
Je les ai.
          Sachez donc ceci, vents, flots, esprits: