Page:Huret - Enquête sur l’évolution littéraire, 1891.djvu/292

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M. JEAN JULLIEN


M. Jean Jullien est surtout connu du monde des lettres par sa brillante campagne au Théâtre-Libre où il s’est efforcé d’apporter sur la scène la reproduction la plus directe possible de la vie. Ses efforts n’ont pas été vains, puisque si sa première pièce, la Sérénade, fut considérée comme un scandale, le Maître fut apprécié comme un chef-d’œuvre. Depuis, il a bataillé, pour les mêmes principes, dans Art et Critique, et l’Odéon nous donnera prochainement l’occasion de voir appréciées par le grand public ses tentatives qui ont déjà vaincu dans le public d’élite.

Il m’a dit :

— Les querelles d’écoles me laissent absolument froid ; je crois que l’artiste doit se préserver autant de l’opinion des coteries que de celle de la foule et se tenir prudemment éloigné des chapelles, hors desquelles il n’est pas de salut.

J’admire Zola aussi bien que Mallarmé et Verlaine et je comprends aussi bien Barrès que Péladan, Bourget ou Rosny. J’estime que nous ne devons nous préoccuper, nous, écrivains, ni des théories, ni des formules, ni de la manière de M. Untel, ni des appréciations de MM. de la critique, nous devons faire ce qui nous semble être de l’art et voilà tout.