Page:Huyghens - Traité de la lumière, Gauthier-Villars, 1920.djvu/10

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raison en est réputée une des plus difficiles. Je reconnais être beaucoup redevable à ceux qui ont commencé les premiers à dissiper l’obscurité étrange où ces choses étaient enveloppées et à donner espérance qu’elles se pouvaient expliquer par des raisons intelligibles. Mais je m’étonne aussi d’un autre côté comment ceux-là même, bien souvent, ont voulu faire passer des raisonnements peu évidents comme très certains et démonstratifs : ne trouvant pas que personne ait encore expliqué probablement ces premiers et notables phénomènes de la lumière, savoir pourquoi elle ne s’étend que suivant des lignes droites, et comment les rayons visuels, venant d’une infinité de divers endroits, se croisent sans s’empêcher en rien les uns les autres.

J’essaierai donc dans ce livre, par des principes reçus dans la Philosophie d’aujourd’hui, de donner des raisons plus claires et plus vraisemblables, premièrement de ces propriétés de la lumière directement étendue, secondement de celle qui se réfléchit par la rencontre d’autres corps. Puis j’expliquerai les symptômes des rayons qui sont dits souffrir réfraction en passant par des corps diaphanes de différentes espèces, où je traiterai aussi des effets de la réfraction de l’air par les différentes densités de l’atmosphère.

Ensuite j’examinerai les causes de l’étrange réfraction de certain cristal qu’on apporte d’Islande. Et en dernier lieu je traiterai des différentes figures des corps transparents et réfléchissants, par lesquelles les rayons sont assemblés en un point, ou détournés en différentes manières.