Page:Huyghens - Traité de la lumière, Gauthier-Villars, 1920.djvu/11

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Où l’on verra avec quelle facilité se trouvent, suivant notre théorie nouvelle, non seulement les ellipses, hyperboles et autres lignes courbes que M. Descartes a subtilement inventées pour cet effet, mais encore celles qui doivent former la surface d’un verre lorsque l’autre surface est donnée sphérique, plate, ou de quelque figure que ce puisse être.

L’on ne saurait douter que la lumière ne consiste dans le mouvement de certaine matière. Car soit qu’on regarde sa production, on trouve qu’ici sur la Terre, c’est principalement le feu et la flamme qui l’engendrent, lesquels contiennent sans doute des corps qui sont dans un mouvement rapide, puisqu’ils dissolvent et fondent plusieurs autres corps des plus solides ; soit qu’on regarde ses effets, on voit que quand la lumière est ramassée, comme par des miroirs concaves, elle a la vertu de brûler comme le feu, c’est-à-dire qu’elle désunit les parties des corps ; ce qui marque assurément du mouvement, au moins dans la vraie philosophie, dans laquelle on conçoit la cause de tous les effets naturels par des raisons de mécanique. Ce qu’il faut faire à mon avis, ou bien renoncer à toute espérance de ne jamais rien comprendre dans la physique.

Et comme, suivant cette philosophie, l’on tient pour certain que la sensation de la vue n’est excitée que par l’impression de quelque mouvement d’une matière qui agit sur les nerfs au fond de nos yeux, c’est encore une raison de croire que la lumière consiste dans un mouvement de la matière qui se trouve entre nous et le corps lumineux.