Page:Huyghens - Traité de la lumière, Gauthier-Villars, 1920.djvu/126

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quoique les deux pièces tiennent encore ensemble. Tout ceci prouve donc que la composition du cristal est telle que nous avons dit. À quoi j’ajoute encore cette expérience, que si on passe un couteau en raclant sur quelqu’une de ces surfaces naturelles, et que ce soit en descendant de l’angle obtus équilatéral, c’est-à-dire de la pointe de la pyramide, on le trouve fort dur, mais en raclant du sens contraire on l’entame aisément. Ce qui s’ensuit manifestement de la situation des petits sphéroïdes, sur lesquels, dans la première manière, le couteau glisse ; mais dans l’autre il les prend par dessous, à peu près comme les écailles d’un poisson.

Je n’entreprendrai pas de rien dire touchant la manière dont s’engendrent tant de petits corpuscules, tous égaux et semblables, ni comment ils sont mis dans un si bel ordre. S’ils sont formés premièrement et puis assemblés, ou s’ils se rangent ainsi en naissant, et à mesure qu’ils sont produits, ce qui me paraît plus vraisemblable. Il faudrait pour développer des vérités si cachées une connaissance de la nature bien plus grande que celle que nous avons. J’ajouterai seulement que ces petits sphéroïdes pourraient bien contribuer à former les sphéroïdes des ondes de lumière, ci-dessus supposés, les uns et les autres étant situés de même, et avec leurs axes parallèles.


Calculs qui ont été supposés dans ce Chapitre.

M. Bartholin dans son traité de ce cristal, met les angles obtus des faces de 101 degrés, lesquels