Page:Huyghens - Traité de la lumière, Gauthier-Villars, 1920.djvu/16

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cartes, qui a eu pour but de traiter intelligiblement de tous les sujets de physique, et qui assurément y a beaucoup mieux réussi que personne devant lui, n’a rien dit qui ne soit plein de difficultés, ou même inconcevable, en ce qui est de la Lumière et de ses propriétés.

Mais ce que je n’employais que comme une hypothèse a reçu depuis peu grande apparence d’une vérité constante, par l’ingénieuse démonstration de M. Rœmer que je vais rapporter ici, en attendant qu’il donne lui-même tout ce qui doit servir à la confirmer. Elle est fondée, de même que la précédente, sur des observations célestes, et prouve non seulement que la lumière emploie du temps à son passage, mais aussi fait voir combien elle emploie de temps, et que sa vitesse est encore pour le moins six fois plus grande que celle que je viens de dire.

Il se sert pour cela des éclipses que souffrent les petites planètes qui tournent autour de Jupiter et qui entrent souvent dans son ombre, et voici quel est son raisonnement. Soit A (Fig. 2) le Soleil, B C D E l’orbe annuel de la Terre, F Jupiter, G N l’orbite du plus proche de ses satellites, car c’est celui-ci qui est plus propre à cette recherche qu’aucun des trois autres, à cause de la vitesse de sa révolution. Que G soit ce satellite entrant dans l’ombre de Jupiter, H le même sortant de l’ombre.

Supposé donc que la Terre étant en B, quelque temps devant la dernière quadrature, l’on ait vu sortir ledit satellite de l’ombre ; il faudrait, si la Terre demeurait en ce même lieu, qu’après 42 heures et demie l’on vît encore une pareille émersion, parce