Page:Huyghens - Traité de la lumière, Gauthier-Villars, 1920.djvu/19

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que 180 toises dans le même temps d’une seconde : donc la vitesse de la lumière est plus de six cent mille fois plus grande que celle du son : ce qui pourtant est tout autre chose que d’être momentanée puisqu’il y a la même différence que d’une chose finie à une infinie. Or le mouvement successif de la lumière étant confirmé de cette manière, il s’ensuit, comme j’ai déjà dit, qu’il s’étend par des ondes sphériques, ainsi que le mouvement du son.

Mais si l’un et l’autre se ressemblent en cela, ils diffèrent en plusieurs autres choses ; savoir, en la première production du mouvement qui les cause, en la matière dans laquelle ce mouvement s’étend, et en la manière dont il se communique. Car pour ce qui est de la production du son, on sait que c’est par l’ébranlement subit d’un corps entier, ou d’une partie considérable, qui agite tout l’air contigu. Mais le mouvement de la lumière doit naître comme de chaque point de l’objet lumineux, pour pouvoir faire apercevoir toutes les parties différentes de cet objet, comme il se verra mieux dans la suite. Et je ne crois pas que ce mouvement se puisse mieux expliquer, qu’en supposant ceux d’entre les corps lumineux qui sont liquides, comme la flamme et apparemment le soleil et les étoiles, composés de particules qui nagent dans une matière beaucoup plus subtile, qui les agite avec une grande rapidité, et les fait frapper contre les particules de l’éther, qui les environnent, et qui sont beaucoup moindres qu’elles. Mais que dans les lumineux solides comme du charbon, ou du métal rougi au feu, ce même mouvement est causé par l’ébranlement violent des