Page:Huyghens - Traité de la lumière, Gauthier-Villars, 1920.djvu/20

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particules du métal ou du bois, dont celles qui sont à la surface frappent de même la matière éthérée. L’agitation au reste des particules qui engendrent la lumière doit être bien plus prompte et plus rapide que n’est celle des corps qui cause le son, puisque nous ne voyons pas que le frémissement d’un corps qui sonne est capable de faire naître de la lumière, de même que le mouvement de la main dans l’air n’est pas capable de produire du son.

Maintenant, si l’on examine quelle peut être cette matière dans laquelle s’étend le mouvement qui vient des corps lumineux, laquelle j’appelle éthérée, on verra que ce n’est pas la même qui sert à la propagation du son. Car on trouve que celle-ci est proprement cet air que nous sentons et que nous respirons, lequel étant ôté d’un lieu, l’autre matière qui sert à la lumière ne laisse pas de s’y trouver. Ce qui se prouve en enfermant un corps sonnant dans un vaisseau de verre, dont on tire ensuite l’air par la machine que M. Boyle nous a donnée, et avec laquelle il a fait tant de belles expériences. Mais en faisant celle dont je parle, il faut avoir soin de placer le corps sonnant sur du coton ou sur des plumes, en sorte qu’il ne puisse pas communiquer ses tremblements au vaisseau de verre qui l’enferme, ni à la machine, ce qui avait jusqu’ici été négligé. Car alors, après avoir vidé tout l’air, l’on entend aucunement le son du métal, quoique frappé. On voit d’ici non seulement que notre air qui ne pénètre point le verre, est la matière par laquelle s’étend le Bon ; mais aussi que ce n’est point