Page:Huyghens - Traité de la lumière, Gauthier-Villars, 1920.djvu/23

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tous ces corps que nous comptons au rang des plus durs, comme l’acier trempé, le verre et l’agate, font ressort et plient en quelque façon, non seulement quand ils sont étendus en verges, mais aussi quand ils sont en forme de boules ou autrement. C’est-à-dire qu’ils rentrent quelque peu en eux-mêmes à l’endroit où ils sont frappés, et qu’ils se remettent aussitôt dans leur première figure. Car j’ai trouvé qu’en frappant avec une boule de verre, ou d’agate, contre un gros morceau et bien épais de même matière qui avait la surface plate et tant soit peu ternie avec l’haleine ou autrement, il y restait des marques rondes, plus ou moins grandes, selon que le coup avait été fort ou faible. Ce qui fait voir que ces matières obéissent à leur rencontre et se restituent, à quoi il faut qu’elles emploient du temps.

Or, pour appliquer cette sorte de mouvement à celui qui produit la lumière, rien n’empêche que nous n’estimions les particules de l’éther être d’une matière si approchante de la dureté parfaite et d’un ressort si prompt que nous voulons. Il n’est pas nécessaire pour cela d’examiner ici la cause de cette dureté, ni de celle du ressort dont la considération nous mènerait trop loin de notre sujet. Je dirai pourtant en passant qu’on peut concevoir que ces particules de l’éther, nonobstant leur petitesse, sont encore composées d’autres parties, et que leur ressort consiste dans le mouvement très rapide d’une matière subtile, qui les traverse de tous côtés et contraint leur tissu à se disposer en sorte, qu’il donne un passage à cette matière fluide le plus