Page:Huyghens - Traité de la lumière, Gauthier-Villars, 1920.djvu/26

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Cependant l’on verra ci-après que nous n’avons pas tant besoin de supposer cette égalité pour la propagation de la lumière, que pour la rendre plus aisée et plus forte ; n’étant pas aussi hors d’apparence que les particules de l’éther aient été faites égales pour un si considérable effet que celui de la lumière, du moins dans cette vaste étendue qui est au delà de la région des vapeurs, qui ne semble servir qu’à transmettre la lumière du Soleil et des astres.

J’ai donc montré de quelle façon l’on peut concevoir que la lumière s’étend successivement par des ondes sphériques, et comment il est possible que cette extension se fasse avec une aussi grande vitesse, que les expériences et les observations célestes la demandent. Où il faut encore remarquer que, quoique les parties de l’éther soient supposées dans un continuel mouvement (car il y a bien des raisons pour cela), la propagation successive des ondes n’en saurait être empêchée, parce qu’elle ne consiste point dans le transport de ces parties, mais seulement dans un petit ébranlement, qu’elles ne peuvent s’empêcher de communiquer à celles qui les environnent, nonobstant tout le mouvement qui les agite et fait changer de place entre elles.

Mais il faut considérer encore plus particulièrement l’origine de ces ondes et la manière dont elles s’étendent. Et premièrement, il s’ensuit de ce qui a été dit de la production de la lumière, que chaque petit endroit d’un corps lumineux, comme le Soleil, une chandelle, ou un charbon ardent, engendre ses ondes, dont cet endroit est le centre. Ainsi dans la