Page:Huyghens - Traité de la lumière, Gauthier-Villars, 1920.djvu/58

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dans le verre de 49 degrés 11 minutes, l’angle B A N est encore de 11 degrés 21 minutes, et le même angle D A Q étant diminué d’un degré seulement, l’angle B A N est réduit à rien, et ainsi l’onde B N réduite à un point) : de là vient que la réflexion intérieure d’obscure devient subitement claire, dès lors que l’angle d’incidence est tel qu’il ne donne plus passage à la réfraction.

Or pour ce qui est de la réflexion extérieure ordinaire, c’est-à-dire qui arrive lorsque l’angle d’incidence D A Q est encore assez grand pour faire que le rayon rompu puisse pénétrer au delà de la superficie A B : cette réflexion se doit faire contre les particules de la matière qui touche le corps transparent par dehors. Et c’est apparemment contre les particules de l’air et autres, mêlées parmi la matière éthérée, et plus grossière qu’elle. Comme d’autre côté la réflexion extérieure de ces corps se fait contre les particules qui les composent, et qui sont aussi plus grosses que celles de la matière éthérée, puisque celle-ci coule dans leurs intervalles. Il est vrai qu’il reste en ceci quelque difficulté dans les expériences où cette réflexion intérieure se fait sans que les particules de l’air y puissent contribuer, comme dans des vaisseaux ou tuyaux d’où l’air a été tiré.

L’expérience au reste nous apprend que ces deux réflexions sont à peu près d’égale force, et que dans les différents corps transparents elles en ont d’autant plus que la réfraction de ces corps est plus grande. Ainsi l’on voit manifestement que la réflexion du verre est plus forte que celle de l’eau, et celle du diamant plus forte que celle du verre.