Page:Huyghens - Traité de la lumière, Gauthier-Villars, 1920.djvu/63

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Lune, et celles de toutes les étoiles paraissent toujours un peu plus grandes, par ces mêmes réfractions, qu’elles ne sont dans la vérité, comme savent les astronomes. Mais il y a une expérience qui rend cette réfraction fort visible, qui est qu’en fixant une lunette d’approche en quelqu’endroit, en sorte qu’elle regarde un objet éloigné de demi-lieue ou plus, comme un clocher ou une maison, si on y regarde à des heures différentes du jour, la laissant toujours attachée de même, l’on verra que ce ne seront pas les mêmes endroits de l’objet qui se présenteront au milieu de l’ouverture de la lunette, mais que d’ordinaire le matin et le soir, lorsqu’il y a plus de vapeurs près de la Terre, ces objets semblent monter plus haut, en sorte que la moitié ou davantage n’en sera plus visible, et qu’ils baisseront vers le midi quand ces vapeurs seront dissipées.

Ceux qui ne considèrent la réfraction que dans les surfaces qui distinguent des corps transparents de diverse nature, auraient peine à rendre raison de tout ce que je viens de rapporter, mais suivant notre Théorie la chose est fort aisée. L’on sait que l’air qui nous environne, outre les particules qui lui sont propres, et qui nagent dans la matière éthérée, comme il a été expliqué, se remplit encore de particules d’eau, que l’action de la chaleur élève ; et l’on a reconnu d’ailleurs par de très certaines expériences, que la densité de l’air diminue à mesure qu’on y monte plus haut. Or, soit que les particules de l’eau et celles de l’air participent, par le moyen des particules de la matière éthérée, du mouvement qui fait la lumière, mais qu’elles soient