Page:Huyghens - Traité de la lumière, Gauthier-Villars, 1920.djvu/66

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lumière du soleil venant, par exemple, en sorte que, tant qu’elles n’ont pas atteint l’atmosphère C D, la droite A E les coupe perpendiculairement ; ces mêmes ondes, entrant dans l’atmosphère, doivent avancer plus vite aux endroits élevés que dans ceux qui sont plus près de la Terre. De sorte que si C A est l’onde qui porte la lumière au spectateur en A, son endroit C sera le plus avancé ; et la droite A F, qui coupe cette onde à angles droits, et qui détermine le lieu apparent du Soleil, passera au-dessus du Soleil véritable, qui serait vu par la ligne A E. Et ainsi il peut arriver que ne devant point être visible sans vapeurs, parce que la ligne A E rencontre la rondeur de la Terre, il s’apercevra par la réfraction dans la ligne A F. Mais cet angle E A F n’est jamais guère plus grand que d’un demi-degré, parce que la ténuité des vapeurs n’altère que bien peu les ondes de la lumière. De plus ces réfractions ne sont pas tout à fait constantes en tout temps, surtout dans les petites hauteurs de 2 ou 3 degrés, ce qui vient de la différente quantité de vapeurs aqueuses qui s’élèvent de la Terre.

Et ceci même est cause qu’en de certains temps un objet éloigné sera caché derrière un autre moins éloigné, et qu’il pourra être vu dans un autre temps, quoique l’endroit d’où l’on regarde soit toujours le même. Mais la raison de cet effet sera encore plus évidente par ce que nous allons remarquer touchant la courbure des rayons. Il paraît par les choses expliquées ci-dessus que le progrès, ou la propagation d’une particule d’une onde de lumière, est proprement ce qu’on appelle un rayon. Or ces