Page:Huyghens - Traité de la lumière, Gauthier-Villars, 1920.djvu/67

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rayons, au lieu qu’ils sont droits dans des diaphanes homogènes, doivent être courbes dans un air d’inégale pénétrabilité. Car ils suivent nécessairement la ligne qui, depuis l’objet jusqu’à l’œil, coupe toutes les progressions des ondes à angles droits, ainsi que dans la première figure fait la ligne A E B (Fig. 16), comme il sera montré ci-après ; et c’est cette ligne qui détermine quels corps interposés nous doivent empêcher de voir l’objet ou non. Car bien que la pointe du clocher A paraisse élevée en D, pourtant elle ne paraîtrait pas à l’œil B si la tour H était entre eux, parce qu’elle traverse la courbe A E B. Mais la tour E, qui est au-dessous de cette courbe, n’empêche point la pointe A d’être vue. Or selon que l’air proche de la Terre excède en densité celui qui est plus élevé, la courbure du rayon A E B devient plus grande ; de sorte qu’en certains temps il passe au-dessus du sommet E, ce qui fait apercevoir la pointe A à l’œil en B ; et en d’autres temps, il est interrompu par la même tour E, ce qui cache A à ce même œil.

Mais pour démontrer cette courbure des rayons conformément à notre précédente Théorie, imaginons-nous que A B (Fig. 18) soit une parcelle d’onde de lumière venant du côté C, laquelle nous pouvons considérer comme une ligne droite. Posons aussi qu’elle soit perpendiculaire à l’horizon ; l’endroit B étant plus proche de la Terre que l’endroit A, et qu’à cause des vapeurs moins embarrassantes en A qu’en B, l’onde particulière qui procède du point A s’étende par un certain espace A D, pendant que l’onde particulière qui procède