Page:Huyghens - Traité de la lumière, Gauthier-Villars, 1920.djvu/82

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ce que feraient des ondes elliptiques, ou pour mieux dire sphéroïdes ; lesquelles je supposai qu’elles s’étendaient indifféremment, tant dans la matière éthérée répandue dans le cristal, que dans les particules dont il est composé, suivant la dernière manière dont j’ai expliqué la transparence. Il me semblait que la disposition, ou arrangement régulier de ces particules, pouvait contribuer à former les ondes sphéroïdes (n’étant requis pour cela sinon que le mouvement successif de la lumière s’étendît un peu plus vite en un sens qu’en l’autre), et je ne doutai presque point qu’il n’y eût dans ce cristal un tel arrangement de particules égales et semblables, à cause de sa figure et de ses angles d’une mesure certaine et invariable. Touchant lesquelles particules, et leur forme et disposition, je proposerai sur la fin de ce Traité mes conjectures, et quelques expériences qui les confirment.

20. La double émanation d’ondes de lumière, que je m’étais imaginée, me devint plus probable après certain phénomène que j’observai dans le cristal ordinaire qui croît en forme hexagone, et qui, à cause de cette régularité, semble aussi être composé de particules de certaine figure et rangées avec ordre. C’était que ce cristal a une double réfraction, aussi bien que celui d’Islande, quoique moins évidente. Car en ayant fait tailler des prismes bien polis, par des sections différentes, je remarquai dans tous, en regardant la flamme de la chandelle à travers, ou le plomb des vitres qui sont aux fenêtres, que tout paraissait double, quoique avec des images peu distantes entre elles. D’où je compris la raison