Page:Hyspa - L’Éponge en porcelaine, 1921.djvu/15

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Quant au rhume lui-même, c’est une grossière légende inventée par les médecins, et que, si vous le voulez bien, nous allons détruire, sans chercher midi à quatorze heures.

Redescendons, messieurs, dans les fosses nasales : nous y retrouverons, avec un nouveau plaisir, un sol humide, marécageux, en un mot un étang, deux étangs.

Ces étangs, soumis à l’influence néfaste de la lune, nous, donnent un exemple du phénomène des marées, lorsqu’à certaines époques ils transforment les fosses nasales en véritables torrents.

Ce sont ces simples inondations, messieurs, que, jusqu’à ce jour, une erreur grossière nous avait fait prendre pour le rhume.

Après cette nouvelle investigation, nous pouvons affirmer sans forfanterie que nous avons le nez creux.

C’est, même grâce à cet état de choses que le vent souffle dans les bronches qu’il met ainsi en danger.

Heureux les lévriers, car ils n’ont pas de nez !

Il y aurait donc tout avantage à avoir le nez bouché.

De là à dire que le nez est inutile, il n’y a qu’un pas à faire.

Faisons-le, messieurs, et disons franchement que le nez est un organe superflu, un motif d’architecture utile seulement à l’harmonie du visage, une cariatide supportant avec grâce les arcades sourcilières, et que de ce fait il relève, non de l’anatomie, mais de la rhinoplastique.

A part son inutilité, le nez a, entre autres propriétés, celle de s’allonger, comme chez l’éléphant, et celle de rougir, comme chez le marchand de vin.

Pour le prouver, prenons un exemple choisi au hasard entre mille.