Page:Ibn Khaldoun - Prolégomènes, Slane, 1863, tome I.djvu/140

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ou petits, selon le nombre de soldats qu’ils entretiennent et des tribus qu’ils emploient pour leur défense, ainsi qu’on le verra exposé dans la section de ce livre qui traite des empires. Or le territoire des Israélites, ainsi que tout le monde le sait, ne s’étendait pas, du côté de la Syrie, plus loin que le Jourdain et la Palestine, et, du côté du Hidjaz[1], plus loin que les cantons de Yatbreb (Médine) et de Khaïber.

D’ailleurs les savants les plus habiles ne trouvent que trois générations entre Moïse et Israël. En effet Moïse était fils d’Amran (Amram), fils de Cahet ou Cahit (Caath), fils de Laoui ou Laoua (Lévi), fils de Yacoub (Jacob), autrementP. 11. appelé Israël-de-Dieu. Cette généalogie est fournie par le Pentateuque[2]. L’espace de temps qui les sépare est indiqué par Masoudi de la manière suivante : « Israël, lorsqu’il se rendit auprès de Joseph, entra en Egypte avec ses fils, chefs des [douze] tribus, et leurs enfants, au nombre de soixante et dix individus. Leur séjour en Egypte, jusqu’au moment où ils en sortirent, sous la conduite de Moïse, pour entrer dans le désert, fut de deux cent vingt ans, durant lesquels ils subirent la domination des Pharaons, rois des Coptes.» Or il est invraisemblable que, dans un espace de quatre générations, une famille puisse s’accroître à un tel degré[3].

Si l’on prétend que des armées tout aussi nombreuses existaient sous le règne de Salomon et de ses successeurs, la chose n’en est pas moins absurde. Entre Salomon et Israël, on ne compte que onze générations, car Salomon fut fils de Dawoud (David), fils d’Aïchaï (Jessé), fils d’Aoubed ou Aoufedh (Obed), fils de Bâez ou Bouaz (Booz), fils de Salmon, fils de Nahachoun[4] (Nahasson), fils d’Amînadab ou Hamînadeb, fils de Ram, fils de Hadroun ou Hasroun (Hesron), fils de Barès ou Bîrès (Pharès), fils de Yehouda (Juda), fils de Yacoub (Joseph). Or, dans l’espace de onze générations, la descendance d’un seul homme
  1. La partie occidentale de l’Arabie jusqu’à la frontière du Yémen.
  2. Exod. VI.
  3. Dans un autre chapitre de cet ouvrage, l’auteur admet, comme principe, que trois générations font un siècle.
  4. Dans le texte arabe il faut lire [texte arabe] à la place de [texte arabe].