Page:Ibn Khaldoun - Prolégomènes, Slane, 1863, tome I.djvu/151

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D'IBN KHALDOUN. 2T

Rapprochée par sa naissance d'un siècle où régnaient toutes les vertus (jui caractérisèrent la vie pastorale des Arabes^ et toute la simplicité, primitive de la religion, elle était bien éloignée des habitudes du luxe, des tentations de la débauche. Où chercher la pudeur et la chasteté, si elles ne se trouvaient pas chez Abbasa? Où chercher la pureté et la vertu, si elles étaient bannies de sa maison? Comment aurait-elle consenti à allier son sang à celui de Djâfer, fds de Yahya , et à souiller sa noblesse, vraiment arabe, en s'unissant à un client de race étrangère, dont le grand -père, un Perse, avait passé, à titre d'esclave ou de client^, au pouvoir de l'aïeul de cette princesse, d'un homme qui était un des oncles du Prophète , un des plus nobles personnages d'entre les Coreïchides? En définitive, ce fui la fortune des Abbacides qui prit par la main cet homme et son père, qui les choisit pour ses favoris et les fit monter jusqu'au faîte des hon- neurs. Comment, d'ailleurs, supposer qu'Er-Rechîd, avec l'élévation P- 20. de son caractère et la fierté de son âme ^, aurait consenti à donner sa sœur en mariage à un client persan ? Quiconque voudra con- sidérer avec impartialité ces observations, et juger d' Abbasa d'a- près la conduite que tiendrait la fille du plus puissant monarque de son temps, repoussera l'idée qu'elle aurait pu s'abandonner ainsi à un client de sa maison, à un serviteur de sa famille ; il rejettera ce récit et n'hésitera point à le traiter de mensonge. Et que sont les autres princes en comparaison d' Abbasa et d'Er-Rechîd .

La véritable cause de la chute des Barmékides, c'est la conduite qu'ils ont tenue en s'emparant de toute l'autorité, et se réservant la disposition de tous les revenus publics, au point qu'Er-Rechîd se trouvait quelquefois réduit à demander une somme peu considérable sans pouvoir l'obtenir. Ils lui avaient enlevé l'exercice de ses droits, partageaient le pouvoir avec lui , en sorte qu'il n'était plus maître de

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