Page:Ibn Khaldoun - Prolégomènes, Slane, 1863, tome I.djvu/221

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


l’orient, les provinces de Yemama, d’El-Bahreïn et d’Oman; du côté du midi, le pays du Yémen et les rivages baignés par la mer des Abyssins.

Dans le nord de cette partie du monde habitable, c’est-à-dire dans le pays de Deïlem, se trouve une mer tout à fait isolée des autres. On l’appelle la mer de Djordjan et la mer de Taberistan[1]. Sa longueur est de mille milles, et sa largeur de six cents. Elle a, du côté de l’occident, les provinces d’Aderbeïdjan et de Deïlem; à l’orient, la contrée des Turcs et celle de Kharezm; au midi, le Taberistan ; au nord, les pays des Khazars et des Alains. Voilà les plus remarquables des mers dont les géographes ont fait mention.

Ils nous disent aussi que la partie habitable du monde est arrosée par un grand nombre de fleuves, dont les plus considérables sont : le Nil, l’Euphrate, le Tigre et le fleuve de Balkh, autrement nommé le Djeïhoun. Le Nil prend naissance dans une grande montagne, située à seize degrés au delà de l’équateur, et sous la méridienne qui traverse la quatrième partie du premier climat. Elle porte le nom de montagne d’El-Comr, et l’on n’en connaît pas au monde de plus élevée. De cette montagne sortent de nombreuses sources, dont quelques-unes vont décharger leurs eaux dans un lac situé de ce côté-là, pendant que le reste se jette dans un autre. De ces deux bassins s’échappent plusieurs rivières qui se jettent toutes dans un seul lac situé auprès de l’équateur, P. 80.à dix journées de marche de la montagne[2]. De ce lac sortent deux fleuves, dont l’un coule directement vers le nord et traverse la Nubie et l’Egypte. Après avoir dépassé le Caire, il se divise en plusieurs branches ayant toutes la même grandeur, et dont chacune porte le nom de khalidj (canal); elles se déchargent toutes dans la mer Romaine, du côté d’Alexandrie. Ce fleuve se nomme le Nil d’Egypte. Sur la rive orientale s’étend le Saïd ; à l’occident se trouvent les Oasis. L’autre fleuve se détourne vers
  1. C’est la mer Caspienne.
  2. Notre auteur vient de dire que cette montagne était à seize degrés au sud de l’équateur, ce qui ferait au moins quarante-huit journées de marche.