Page:Ibn Khaldoun - Prolégomènes, Slane, 1863, tome I.djvu/311

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D'IBN KHALDOUN. 187

de Dieu. Dans la suite, il en vint au point de s'abstenir des mets qui pouvaient être désagréables aux autres : jamais il ne touchait aux oignons ni à l'ail, et, quand on lui demandait pourquoi il agissait amsi , il répondait : « J'ai souvent à* m'cntretenir avec d'autres per- sonnes que celles à qui vous avez l'habitude de parler '. » Voyez les renseignements qu'il donna à sa femme Khadîdja, au moment où il recevait, d'une manière inattendue, sa première révélation. Voulant savoir au juste ce qui se passait, elle lui dit : « Place-moi entre toi et ton manteau.» Aussitôt qu'il l'eut fait, le porteur de la révélation s'éloigna. « Ah, dit-elle, ce n'est pas là un démon, mais un ange ! » paroles qui donnaient à entendre que les anges n'approchent pas des femmes. Elle lui dit encore : i Quand l'ange vient te visiter, quel est le vêtement que tu aimes à lui voir porter? » Il répondit : « L'habit blanc ou l'habit vert. » « C'est donc réellement un ange ! » s'écria-t-elle. Par ces mots, elle rappelait l'idée que le vert et le blanc sont les cou- leurs spéciales à tout ce qui est bon et aux anges, tandis que le noir ne convient qu'à ce qui est mauvais et aux démons. Nous pourrions citer encore beaucoup de traits semblables.

Un autre signe qui caractérise les personnages inspirés, c'est leur zèle à recommander aux hommes la prière, l'aumône, la pureté des mœurs et les autres œuvres de la religion et de la piété. Khadîdja, ayant vu le Prophète agir de cette manière, demeura convaincue qu'il était réellement véridique. Il en était de même d'Abou Bekr; jamais ils n'eurent la pensée, ni lui ni elle, de recourir à d'-autres preuves que celles qu'on pouvait tirer de la conduite du Prophète et de son caractère. Nous lisons dans le Sahth qu'Héraclius, ayant reçu la lettre par laquelle le Prophète l'invitait à embrasser l'islamisme, fit venir Abou Sofyan et tous les autres Coreïchides qui se trouvaient dans sa ville, afin de les interroger au sujet de Mohammed. Il leur

« Il ne mangeait ni ail , ni poireaux , incommodés. » Tradition rapportée par

ni oignons, parce que les anges venaient le Soyouli dans sa Grande Collection. Ce

visiter et qu'il s'entrelenait avec Gabriel, docteur ajoute que Gabriel détestait l'o-

ne voulant pas que les anges en fussent deur de ces plantes potagères.

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