Page:Ibn Khaldoun - Prolégomènes, Slane, 1863, tome I.djvu/349

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D'IBN KHALDOUN. 225

Je disais au sachant du Yémama : Guéris-moi; si tu le fais, tu es un véritable médecin.

Un autre s'exprime en ces termes :

J'avais proposé au sachant du Yémama et à celui du Nedjd la tâche de ma guérison.

Ils me répondirent : Que Dieu te guérisse! Par Dieu! nous n'avons aucun pouvoir sur ce qui est renfermé entre tes côtes.

Le sachant du Yémama se nommait Rebah Ibn Adjla, et celui du Nedjd, El'Ahlac el-Acedi.

On peut ranger dans la classe des perceptions spirituelles cer- taines paroles qui échappent à l'homme au moment de s'endormir et qui ont rapport aux choses qu'il désirait connaître. Par ces pa- roles il apprend, d'une manière satisfaisante, le secret qu'il cherchait. Ce phénomène n'a lieu qu'au moment où l'on quitte l'état de veille pour entrer dans celui du sommeil, alors que la volonté a cessé d'agir sur la faculté de la parole. En ce moment, l'homme parle comme par ime impulsion innée et, tout au plus, parvient-ii à en- tendre et à comprendre ce qu'il vient de prononcer. Des paroles semblables échappent quelquefois aux hommes lorsqu'on leur tranche la tête, ou qu'on leur coupe le corps en deux. Nous avons entendu raconter que certains tyrans faisaient tirer de leurs prisons et mettre P. 19R. à mort les gens qu'ils y tenaient enfermés, voulant savoir, par les dernières paroles de leurs victimes, quelle serait leur propre des- tinée. Les réponses qu'ils obtinrent les remplirent d'épouvante. Mas- lema raconte un procédé de ce genre dans son ouvrage le Ghaïa '. On place, dit-il, un homme dans une jarre remplie d'huile de sé- same; on l'y tient quarante jours, et, pendant ce temps, on le nour- rit de figues et de noix. Au bout de ce temps, toute la chair du corps a disparu et rien ne reste intact, excepté les veines et les su- tures du crâne. On le retire alors de l'huile, et, pendant qu'il se des- sèche par l'action de l'air, il répond à toutes les questions qu'on lui adresse, et il indique les résultats que doivent avoir les affaires, soit

' Voy. ci-devant, p. 217.

Prolégomënes. 29

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