Page:Ibn Khaldoun - Prolégomènes, Slane, 1863, tome I.djvu/36

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cette expédition il se fit accompagner par Ibn Tafraguîn, politique habile et ex-ministre de l’usurpateur Abou Hafs Omar. Au mois de djomada 7^8 (septembre iSiiy de J. C), il prit possession de Tunis, et Abou Hafs Omar, qui s’était enfui vers le désert, fut fait prisonnier et mis à mort. Un seul acte d’imprudence enleva au vainqueur les fruits de sa conquête et le trône du Maroc : ayant privé les tribus arabes des pensions et des ictâ qu’elles tenaient du gouvernement hafside, il indisposa ces nomades contre son gouvernement et se fit battre par eux sous les murs de Cairouan. Cette rencontre, appelée de- puis la catastrophe de Cairouan, le mit dans la nécessité de s’en- fuir à Souça et de s’embarquer pour Tunis, où les Arabes vinrent bientôt l’assiéger. Le faux bruit de sa mort se répandit jusqu’à Tlemcen, et son fils Abou Eïnan, qu’il y avait laissé comme son lieutenant, passa dans le Maghreb et s’empara de l'autorité suprême. Abou ’1-Hacen s’embarqua pour regagner son royaume et faire rentrer son fils dans f obéissance. Il parfit de Tunis l’an 780 (i 3/^9) , au cœur de l’hiver, après avoir confié le gouvernement de cette ville à son fils Abou ’1-Fadl. Echappé miraculeusement au naufrage de sa flotte, il rentra dans ses États et livra une bataille à Abou Eïnan. Trahi encore par ia fortune, il chercha un asile chez les Hintata, tribu berbère établie dans l’Atlas, où il mourut de fatigue et de chagrin.

L’émir El-Fadl, prince hafside, se rendit maître de Tunis et de rifrîkiya après le départ précipité de sultan Abou ’1-Hacen. Au mois de juillet i35o, il fut déposé et mis à mort par Ibn Tafraguîn, qui, après s’être enfui en Egypte, pour échapper à la vengeance du sultan Abou ’1-Hacen, qu’il avait trahi à Cairouan, venait de rentrer à Tunis et de faire proclamer khalife le prince Abou Ishac, fils du feu sultan Abou Yahya Abou Bekr. Ces renseignements, tirés de Y Histoire des Berbers, d’Ibn