Page:Ibn Khaldoun - Prolégomènes, Slane, 1863, tome I.djvu/375

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D'IBN RHALDOUN. 251

opinion, je dirai qu'ayant vu opérer (sur des zaïrdja) sans prendre ce vers pour type, j'ai reconnu que la réponse n'était pas versifiée. Nous parlerons encore de ce fait en son lieu et place'.

Bien des gens refusent d'admettre que cette opération soit sérieuse et qu'elle puisse fournir une réponse à ce qu'on demande. Ils nient p. 218. qu elle soit réelle et la regardent comme une suggestion de la fantaisie et de l'imagination. S'il faut les en croire, l'homme qui opère sur la zaïrdja prend les lettres d'un vers qu'il a fait comme il l'entend, et les insère parmi les lettres dont la question se compose et celles qui appartiennent aux rayons; il opère au hasard et sans règle; il pro- duit, à la fin, le vers (qu'il a fabriqué) et fait accroire qu'il l'a ob- tenu en suivant un procédé régulier. Une opération conduite de cette manière ne serait qu'un mauvais jeu de l'imagination; celui qui vou- drait s'y livrer serait bien certainement incapable de saisir les rap- ports qui existent entre les êtres et les connaissances, et de voir combien les opérations de la perception diffèrent de celles de l'in- telligence. Du reste chaque observateur est porté à nier tout ce qu'il n'aperçoit pas. Pour répondre à ceux qui traitent de jongleries les opérations faites sur la zaïrdja, il nous suffira de dire que nous avons vu pratiquer ces opérations selon les règles de l'art, et que, d'après notre opinion bien arrêtée, elles se font toujours de la même manière et suivant un véritable système de règles^. Celui dont l'esprit est ca- pable d'un certain degré de pénétration et d'attention n'aura pas le moindre doute à ce sujet, s'il veut assister à une de ces opérations.

L'arithmétique, science dont les résultats sont de la dernière évi- dence, offre beaucoup de problèmes* que l'intelligence ne saurait comprendre tout d'abord, parce qu'ils renferment des rapports que

taines lettres) en regard avec les lettres du vent plusieurs traités sur l'emploi de la

vers, et, pour cette raison, la (réponse) ver- zaïrdja d'Es-Sibli. Nous en reparlerons

siliée en offre la mesure et la rime. • dans la traduction de la troisième partie.

' Voyez la troisième partie du texte , ' Dans le texte arabe , il faut lire , ici et

au chapitre de la zaïrdja. plus bas, c^LuLlf, c'est-à-dire, des ques-

^ Dans le manuscrit de la Bibliothèque tions qui fatiguent l'esprit et qui paraissent

impériale , ancien fonds , n° 1 1 88 , se trou- impossibles à résoudre.

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