Page:Ibn Khaldoun - Prolégomènes, Slane, 1863, tome I.djvu/433

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D'IBN RHALDOUN. 309

nouveau gouvernement ni à l'oppression dont on l'aurait accablée; on sait assez combien l'administration musulmane est équitable. La véritable cause se trouvait dans la nature même de l'homme ; privé de son indépendance et forcé de subir la volonté d'un maître (il perd toute son énergie). Il est vrai que la plupart des nègres s'babituent facilement à la servitude; mais cette disposition résulte, ainsi que nous l'avons dit ailleurs', d'une infériorité d'organisation qui les rap- proche des animaux brutes. D'autres hommes ont pu consentir à entrer dans un élat de servitude, mais cela a été avec l'espoir d'atteindre aux honneurs, aux richesses et à la puissance. Tels furent les Turcs (au service des khalifes abbacides et fatemides) de l'Orient; tels furent aussi les Galiciens et les Français qui prirent du service sous les gouver- nements musulmans de l'Espagne. Voyant que les souverains de ces pays leur témoignaient habituellement une préfél'ence marquée, ils ne dédaignèrent pas de s'en faire les serviteurs et les esclaves, et cela dans fespoir d'arriver à la puissance et aux honneurs, par la faveur du gouvernement.

Les Arabes ne peuvent établir leur dominalion que dans les pays de plaines.

Le naturel farouche des Arabes en a fait une race de pillards et de brigands. Toutes les fois qu'ils peuvent enlever un butin sans courir un danger ou soutenir une lutte, ils n'hésitent pas à s'en em- parer et à rentrer au plus vite dans la partie du désert où ils font paître leurs troupeaux. Jamais ils ne marchent contre un ennemi pour le combattre ouvertement, à moins que le soin de leurpropre défense P. 370. ne les y oblige. Si , pendant leurs expéditions , ils rencontrent des emplacements fortifiés, des localités d'un abord difficile, ils s'en dé- tournent pour rentrer dans le plat pays. Les tribus (berbères) se tien- nent à l'abri d'insultes, sur leurs montagnes escarpées, et défient l'es- prit dévastateur qui anime les Arabes. En effet ceux-ci n'oseraient pas les y attaquer; ils auraient à gravir des collines abruptes, à s'engager dans des chemins presque impraticables et à s'exposer aux plus ' Voy. ci-devant, p. 169.

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