Page:Ibn Khaldoun - Prolégomènes, Slane, 1863, tome I.djvu/539

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D'IBN KHALDOUN.

posent l'islamisme et la vie du désert. Les Arabes étaient alors le peuple le moins accoutumé aux biens du monde et à la mollesse : d'un côté, leur religion les portail à s'abstenir des plaisirs que pro- cure l'aisance; de l'autre, ils s'étaient liabitués à se tenir dans le dé- sert et à mener une vie de gêne et de privations'. Il n'y eut jamais de peuple dont le dénûment surpassât celui des Arabes modérides; ils se tenaient dans le Hidjaz, pays qui ne produit ni blé ni bétail; p. 368. ils ne pouvaient pas se rendre dans les pays fertiles et riches en cé- réales, parce que ces régions étaient très-éloignées de leur territoire et appartenaient, les unes aux tribus descendues de Rebîah, et les autres aux tribus yéménites. Ne pouvant pas même aspirer à jouir de l'abondance qu'offraient ces contrées, ils se voyaient réduits, très- souvent, à se nourrir de scorpions et de scarabées; ils se vantaient même de pouvoir manger de ïcïlhiz, mets composé de poil de cha- meau et de sang, pétris ensemble "^ avec une pierre et cuits au feu. Les Coreïchides étaient à peu près dans le même état^; leur nour- riture et leurs logements étaient misérables; mais aussitôt que l'esprit de la nationalité eut rallié tous les Arabes autour de l'islamisme et que Dieu les eut illustrés à jamais en choisissant parmi eux son pro- phète Mohammed, ils marchèrent contre les Perses et les Grecs, afin d'occuper le pays que Dieu leur avait promis. Ils s'emparèrent des royaumes et des biens de leurs adversaires et se virent bientôt nager dans l'opidence. Plus d'une fois, après une expédition, chaque cavalier de la troupe recevait environ trente* mille pièces d'or (comme sa part de butin ^); en un mot, ils gagnèrent des richesses incalcu- lables. Malgré cela, ils demeurèrent attachés aux habitudes simples et grossières de leur ancien genre de vie. Omar rapiéçait son propre manteau avec des morceaux de cuir; Ali s'écriait de temps en temps

' Voyez ci-devant , p. ?86 , note a. * Ibn Rhaldoun , qui recommande à ses

Pour 4Jy£>j<^, lisez <»jyii^. lecteurs de se méfier de cliiflres exagérés,

' Il faut lire JU». oJu !!>* jj» U-iy^ aurait dû rejeter celui-ci. ij^.j'^- ° Le L» doit être supprimé.

' Pour ij^^Âw' , lisez (jiJ'JLi. ; tw '

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