Page:Ibn Khaldoun - Prolégomènes, Slane, 1863, tome II.djvu/67

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DIBN KHALDOUN. 59

de décisions relatives à la' dîme, aux mariages, aux peines (pécu- niaires), etc. il faut nécessairement qu'en matière de législation ces espèces aient une valeur fixe, déterminée par la volonlé de la loi, et qui serve de base aux jugements', à l'exclusion des espèces réelles dont la valeur n'est pas déterminée par la loi ^ Il est donc nécessaire de savoir que, depuis le commencement de l'islamisme, et dès le siècle des Compagnons du Prophète et de leurs disciples, il a été re- connu d'un commun accord que , par dirhem légal, on entend celui dont dix sont égaux en poids à 7 milhcals^ d'or, et dont quarante font l'once ; d'où il suit que ce dirhem égale 7/1 o*^ du dinar. Or, le poids du mithcal.d'or pur étant égal à 72 grains d'orge d'une di- mension moyenne, le dirhem, ou les 7/10^ du mithcal, équivaut à 5o grains a/S*^'. Toutes ces évaluations sont fixées par le commun consentement des docteurs; car, dans le temps du paganisme, il y avait chez les Arabes des dirhems de plusieurs sortes : le taberi, le plus fort* de tous, pesait 8 danecs, et le baghli k danecs; on en prit le terme moyen, c'est-à-dire 6 danecs, pour le dirhem légal. Ainsi on obligeait à payer pour la dîme 5 dirhems, valeur moyenne, sur la somme de 100 dirhems iaberis et 100 dirhems baghlis. On n'est P. 52. pourtant pas d'accord sur l'époque où la chose fut ainsi réglée. Quel- ques-uns attribuent cela à Abd el-Melek, et disent que, depuis lui, ce règlement a été adopté d'un commun consentement, comme nous l'avons rapporté. C'est ce que dit El-Khattabi^ dans l'ouvrage intitulé Maalem es-Sonen, et aussi El-Maouerdl dans le livre qui a pour titre El-Ahkam es-Soltaniya. Mais des docteurs modernes plus , critiques nient cela, parce qu'il s'ensuivrait que l'appréciation du

' Pour joLJ^I, lisez «^LjCLI. lologue, mourut en 388 (998 de J. C).

LiUéial. «à l'exclusion des non le- Il laissa plusieurs ouvrages dont un est

gales. » un commenlaire sur le Sahîh d'El-Bokliari ,

' Les mois dinar et mithcal s'emploient et dont un autre renferme l'explication

l'un pour l'autre. des traditions qui se trouvent dans le re-

' Littéral. « le meilleur. » cueil d'Abou-Dawoud. Sa vie se trouve

. ^ Abou Soleïman Hamd el-Kliattabi , dans le Dictionnaire biographique d'ibn

célèbrejurisconsulte.tradilionnisleet plii- Khallikan, t. I, p. /lyG de ia traduction.

S.

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