Page:Ibn Khaldoun - Prolégomènes, Slane, 1863, tome III.djvu/441

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D'IBN KHALDOUN.

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��Tu marches Hèrenient sans ' (nous) saluer; on te prendrait- pour Al-Manioun Yahya Ibn Dhi 'n-Noun , celui qui est l'effroi des escadrons (ennemis] '.

Ensuite, sous le gouvernement des Almoravides, une autre troupe p. 393. de poêles entra dans la lice et fit des choses admirables. Les chefs de cette troupe étaient Yahya Ibn Baki * et l'Aveugle de Tudèle [EI- Aama et-Tolcïli)^. Celui-ci a dit dans une de ses odes [mowascheha] dorées:

Comment me consoler, quand les traces (du campement abandonné) inspirent la tristesse? La caravane est (maintenant) au milieu du désert et emporte les tendres vierges qui viennent de partir^.

On a entendu dire à plusieurs cheikhs qu'en Espagne les amateurs de ce genre de poésie racontent l'anecdote suivante : Plusieurs poètes se trouvaient dans une réunion à Séville. Chacun d'eux avait apporté une ode dont il avait soigné la composition autant que possible.

��' Le verbe négatif (j<^ devint (jiJdfins le dialecte vulgaire des Espagnols.

' Il faut lire <^L,.c à la place de s-^L»*. La bonne leçon se trouve dans l'édition de Boulac, dans la traduction turque, dans la Vie de Liçan ed-Dtn d'Rl-Maccari, édi- tion de Boulac, t. IlL p- "^-v , et dans le maiiuscril de cet ouvrage appartenant à la Bibliothèque impériale et portant le n° 769 , ancien fonds. (Voy. fol. ga recto.) El-Mac- caria reproduit dans son ouvrage plusieurs extraits du chapitre d'Ibn Khaldoun sur les odes et les chansons.

' Je donne ici la transcription du texte arabe de ces deux morceaux , pour le motif indiqué dans la note ci-dessus :

El-aoud Cad terennem bi-abdâi tclhîn,

Wa chekket el-mcdaneb rîad el-besatin.

Takhter wa llch teslem ; Asak el-Mamoun

Moraouwâ el-ketaïb Yahya ben dhi 'n-Noan }

" Abou Bekr Yahya Ibn Baki, natif de Prolégomènes. — m.

��Cordoue, fut un des poêles les plus gra- cieux que l'Espagne musulmane ait pro- duits. Il vécut dans la misère, comme la plupart de ses confrères; les souverains almoravides étaient trop ignorants, ils mé- prisaient trop les belles-lettres pour don- ner des encouragements à des poètes dont ils comprenaient à peine la langue. On trouve dans l'ouvrage d'El-Maccari sur l'Espagne un assez grand nombre de piè- ces composées par Ibn Baki.

' Abou Djafer Ibn Horeïra el-Aamâ et- Toieili était, comme son ami, Ibn Baki, un véritable poète. El-Maccari nous a con- servé plusieurs de ses pièces.

' Je transcris ici ce morceau ;

Kîfa Vsebîlou ila Sabrî, oua ti H-maalimî,

Aclidjanou ! Oua-*r-rek})oa ouset el-fela , B«i-khourdi 'n-néaimi ,

Cad banou.

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