Page:Ivoi - Le Message du Mikado.djvu/388

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La verdure ! Ces mots ont une puissance infinie sur quiconque a affronté l’aride désolation des étendues désertiques.

Uko, Sika oublièrent leur conflit d’affection.

Comme Tibérade, ils tournèrent leurs regards dans la direction désignée par la petite Parisienne.

Celle-ci ne s’était pas trompée.

Au loin, on discernait une suite de hauteurs verdoyantes, au pied desquelles courait une ligne de palmeraies.

Et comme tous considéraient ce paysage si reposant pour leurs regards fatigués par la réverbération des sables, Sika prononça :

— La mer, de chaque côté des montagnes.

À ce moment, Pierre Cruisacq, qui venait de se pencher vers le pilote et d’échanger quelques mots avec lui, se retourna vers les passagers.

— Mistress Lydia Honeymoon permet que je vous renseigne…

Tous s’exclamèrent :

— Mistress Lydia ! Où prenez-vous cette mistress ?

— C’est elle qui est à la direction.

— Quoi, le pilote serait…

— une femme charmante… et adroite. Mais laissons cela ; je suis autorisé à vous donner quelques renseignements géographiques.

D’un ton doctoral, le brave garçon continua :

— Les collines qui ont attiré votre attention sont le Djebel Chamchan, qui forme l’ossature de la presqu’île d’Aden. Aden est sur le rivage de l’autre côté du Djebel, que nous allons franchir.

— Aden est donc dans une presqu’île ? dit Emmie.

— Parfaitement ; une péninsule qui s’avance dans le golfe d’Aden, ainsi que l’on nomme l’espèce de Manche reliant la mer Rouge à l’océan Indien. L’isthme de la presqu’île s’étrangle entre ladite Manche et la baie de Tourvayi. Autres détails. La ligne de palmeraies borde l’aqueduc de Khor-Mahsa, qui amène l’eau aux citernes d’Aden ; car, vous le savez probablement, la ville ne possède aucune autre ressource liquide que celle emmagasinée dans les réservoirs monumentaux, creusés et maçonnés dans les vallons du Djebel Chamchan.