Page:Ivoi - Les Cinquante.djvu/231

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III

Où Abraham Gœterlingue rejoint les Cinquante


— Parle maintenant, je t’écoute, fit Milhuitcent au bout d’un instant.

— Impétueux comme une cavale, plaisanta le pitre, s’emporter n’est pas se bien porter.

— pas de calembours.

— Soit. Après vous avoir quittés à Vienne, je suis repassé aux Trois Cigognes, à Mollsheim.

— Où nous avions laissé d’Artin ?

— Juste. Il n’y était plus.

Milhuitcent sursauta :

— L’aubergiste l’avait relâché ?

— Non, non, ce n’est pas ce brave homme.

— Qui donc alors ?

— La gendarmerie. Il paraît que le vicomte faisait, dans la cave, un vacarme tel que des clients le remarquèrent. Ce gentilhomme, qui a mauvais cœur, possède une bonne voix. Bref, la force publique, toujours au service des bandits contre les honnêtes gens, fut avertie, opéra une descente aux Trois Cigognes, et délivra le prisonnier.

— Alors, le malheureux aubergiste ?

— Ne le plains pas. Dans son énorme corps d’éléphant, il cache la malice d’un singe. Il déclara que le vicomte lui avait été confié par des voyageurs in-