Page:Ivoi - Les Cinquante.djvu/346

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poudre prend à la gorge, une fumée bleuâtre, à chaque instant épaissie emplit la rue, flotte au-dessus du ruisseau, arrête la vue.

De temps à autre, la bataille a de ces surprises, le crépitement des coups de feu s’arrête. On dirait que les tireurs obéissent à un signal.

Cela dure un moment inappréciable, alors on entend une voix plaintive qui, en arrière de l’église, crie :

— Au feu !

C’est un paralytique que l’incendie emprisonne dans la ferme de Martas, tout au bout du village.

La lutte devient de plus en plus ardente ; mais bientôt il est évident pour Espérat que les Français gagnent du terrain.

Des groupes de Prussiens apparaissent dans la rue.

Ils courent, semblent des ombres dans ce brouillard de salpêtre.

Ils se rapprochent du pont, le traversent, et à la voix de leurs chefs occupent les maisons situées le long du ruisseau, à l’alignement de celle où Christian garde son captif.