Page:Ivoi - Les Cinquante.djvu/358

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Dans son horreur, il tentait de presser sa marche, poursuivi par le désir imprécis de sortir de la nuit et de la mort. Et ses muscles se refusaient à l’effort ; ses jarrets pliaient ; il chancelait. Est-ce qu’il allait s’affaisser là ? Est-ce qu’il resterait en cette atmosphère de deuil, au milieu de ce charnier sinistre ?

— Non… Un cheval ; c’est le salut !

Déjà, Espérat avait rencontré des chevaux sans maître, errant d’un air surpris et déconcerté à travers les cultures. Il n’y avait point fait attention.

Il avait fallu l’acuité de son malaise pour amener en sa tête troublée, la pensée qu’une monture lui assurerait le moyen d’aller, sans faiblesse, plus vite et plus loin.

L’animal, dont les rênes s’étaient prises dans les épines d’une haie, demeurait immobile, allongeant le cou en souf-