Page:Ivoi - Les Cinquante.djvu/371

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C’est le bataillon confié au général Cambronne, le bataillon où ont été incorporés les Cinquante.

Et une angoisse filiale arrache un instant le cavalier à son idée fixe. M. Tercelin, l’abbé Vaneur, les camarades sont-ils là ? Ne se trouvaient-ils pas parmi les morts qu’il a vu ramasser à Ligny ? Il approche haletant. Lui aussi est reconnu. Des voix affectueuses appellent :

— Espérat ! Mon enfant !

Il est enlevé de sa selle, un grognard empoigne la bride de sa monture, et le vaillant jeune homme se trouve dans les bras de son père adoptif.

Les questions se croisent, se pressent : — D’où viens-tu ? Qu’est-il arrivé ?

L’abbé Vaneur, les partisans de Stainville et de Saint-Dizier se sont groupés autour de lui, et les grognards ont de bons rires, sachant que ce « petit bonhomme » est aimé de leur Empereur.

Milhuitcent répond à l’un, répond à l’autre. Puis il s’informe. La Garde a-t-elle souffert à Ligny ?

Peu. Cependant, parmi les Cinquante, les projectiles ont creusé des vides. Le joyeux Capeluche a eu la tête emportée par un boulet, au beau milieu d’une plaisanterie dont personne ne saura la conclusion.

Le petit Jacob Gœterlingue a été embroché par la baïonnette d’un grenadier prussien, mais il s’est vengé et a tué d’une balle dans la bouche celui qui venait de le frapper à mort.