Page:Ivoi - Les Cinquante.djvu/41

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


On ne résistait pas au favori du roi. De Vitrolles entraîna d’Artin et ses compagnons dans une pièce voisine.

Le duc alors se tourna vers le laquais, qui attendait immobile, et ordonna :

— Faites entrer M. le comte Walewski.

Une seconde plus tard, le visiteur était devant M. de Blacas.

C’était un homme de cinquante à soixante ans, aux cheveux blancs, à la physionomie triste et fatiguée.

Toute sa personne respirait la distinction.

— Monsieur le duc, fit-il avec une révérence de cour, Monsieur le duc, je vous suis obligé d’avoir bien voulu m’accorder cette audience.

Le favori du roi salua avec non moins de courtoisie :

— Il m’eût été précieux de pouvoir vous recevoir chez moi ; mais les circonstances en ayant décidé autrement, je m’empresse de vous recevoir là où je me trouve. Voyez dans cette hâte l’estime que je professe pour votre personne.

— Monsieur de Blacas, reprit le gentilhomme polonais, l’heure est brève. D’un instant a l’autre, un importun peut troubler notre entretien, permettez-moi donc de laisser de côté les lenteurs diplomatiques.

— Je vous en prie, Monsieur le comte.

— Nous sommes gentilshommes. Promettons-nous le secret sur ce que nous allons dire.

— Je vous le promets pour ma part.