Page:Ivoi - Les Cinquante.djvu/79

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par la volonté d’ennemis du comte. Pour lui il n’y a pas de milieu, ma caillette.

Il arpenta la chambre d’un air pensif.

— M’évader est peut-être difficile, cependant je dois essayer, car bien certainement M. le comte a besoin de moi ; per lou dieou, cela est évident, sans quoi ce noble seigneur ne m’aurait pas fait traverser toute la France pour le rejoindre, en me proposant un traitement aussi merveilleux, cinq louis par jour. On ne saurait avoir trop de dévouement pour un si digne seigneur !

Puis avec un sourire :

— Les anciens, ils disent : Pour que le foyer flambe, il faut y mettre du bois. Pour que les idées me poussent, il faut manger.

Il s’installa devant la table, dévora de bel appétit, but un verre de bordeaux, puis un autre de Xérès ambré.

Son visage ridé se colora de tons roses ; dans ses yeux flamba une malice diabolique.

— Là, reprit-il alors, je me sens d’aplomb comme une falaise, pécaïre, lou bon Dieou me pardonne, je crois que les idées me viennent.

Lentement il s’approcha de la fenêtre, l’ouvrit, et passant son bras à travers les barreaux, il appuya fortement sur les contrevents. Ceux-ci ne cédèrent pas.