Page:Jacobus X - L'amour aux Colonies, 1893.djvu/299

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cules des Canaques tués, trouvant la tête trop embarrassante pour l’apporter à cheval.

La part du Chef dans les festins de chair humaine. — Enfin, je terminerai ce qui est relatif à l’anthropophagie en disant quelle est la part du Chef dans le festin. Autrefois, bien avant l’arrivée des Français, quand la lutte pour l’existence était fréquente entre les tribus, les chefs vainqueurs, à l’aide d’un instrument qu’il m’a été impossible de voir et dont j’ignore la forme, arrachaient les parties génitales, le cœur et les yeux du chef vaincu. Ces féroces guerriers ne se contentaient pas de faire cuire leurs ennemis dans le four Canaque : ils se plaisaient à dévorer sur le champ de bataille même les organes arrachés, tout crus et saignants. Ils croyaient acquérir ainsi la vue perçante, la bravoure et la virilité de leurs adversaires. Cette coutume n’est plus aujourd’hui qu’une tradition. D’après certains voyageurs, elle aurait existé également chez les Maoris de la Nouvelle-Zélande.

La prime de l’Administration Française. — Sans doute, ces coutumes sont atroces, mais il faut prendre en considération le degré de civilisation du Canaque. Que dirons-nous des procédés de l’Administration Française pendant l’insurrection ? Je n’invente pas, je cite encore Branda :

« Donc nous avons trouvé des alliés aux conditions suivantes : tout le butin, les femmes, dix francs par tête coupée !

» Le Canaque s’acharne sur les cadavres, les mutile, mais ne savoure pas, comme l’Indien, la douleur de l’ennemi. En revanche, j’ai entendu des Européens se plaindre très sérieusement de l’incapacité d’officiers, qui n’avaient pas arraché des renseignements par la torture à des prisonniers. »