Page:Jacques Roux à Marat.djvu/10

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


je ne suis point homme à capituler avec les fripons ; n’attestent-ils pas que mon ame est pure.

Enfin, Marat, tu m’accuse d’avoir commis, participé, ou du moins excité quelque mauvais sujets comme moi, à commettre des crimes capitaux, alors je fus obligé de fuir.

Si les faits sont vrais, pourquoi ne cites tu pas les personnes qui ont été l’instrument de ces crimes capitaux, et les lieux où ils ont été commis. Sans doute, si j’ai porté le peuple à des extrêmes, on aura lancé contre moi quelques décrets. Or, je te défie, Marat, d’en citer aucun. Au reste, Marat, je vais te mettre à l’aise. Tu as peut-être voulu parler de la révolution qui s’opéra en 1790 à Conac. Eh bien ! si tu n’es point instruit de ces événemens, je vais te donner des renseignemens là dessus.

Il y avoit dans cette paroisse, où j’ai été vicaire, une prairie consistant en dix mille journaux, qui avoient leur virginité féodale. Les habitans du lieu vouloient qu’elle fut imposée, le sieur Martin, fermier du ci devant duc de Richelieu, et plusieurs autres seigneurs s’opposerent ouvertement à cet acte de justice. Le sieur Dupati de Bellegrade fit feu sur le maire de la paroisse de S. George : à la nouvelle de l’attentat commis sur la personne de ce magistrat, le tocsin sonna, un peuple immense poursuivi l’assassin, et n’ayant pu l’atteindre, il se vengea sur ses propriétés ; mais, Marat, je n’eus pas la moindre part à ces événemens. Il y avoit quinze jours que j’étois sorti de cette paroisse pour desservir celle Dambleville, où je méritai l’estime des habitans, au point qu’ils me désignerent pour rem-