Page:Jacques Roux à Marat.djvu/11

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placer le pasteur qu’ils venoient de perdre. Certainement si j’eusse été coupable, le ministere public n’auroit pas manqué de me faire arrêter, ces braves gens ne m’auroient pas donné autant de preuves de leur confiance. Je ne dissimulerai pas cependant que les aristocrates, dont j’étois l’effroi, avoient répandu sur mon compte des bruits infâmes : peut-être même, si je n’eusse pris la fuite, m’auroient-ils faits un mauvais parti ; mais les persécutions sont la liste civile des patriotes ; elles sont les preuves de l’innocence et de la vertu. Au reste, j’ai un argument invincible à opposer à la calomnie des méchans, à toi, Marat, qui inculpe mon civisme ; à tous ceux qui croient aux dénonciations les plus vagues comme à des articles de foi ; est-il un patriote qui révoque en doute que j’expirerois sur l’échafaud, si la contre-révolution venoit à s’opérer : il est une autre arme non moins redoutable à leur opposer, c’est que s’ils me croient coupable des délits dont ils m’accusent, je les somme de me dénoncer devant les tribunaux, s’ils ne le font pas, je déclare qu’ils sont des intrigans, des fourbes et des lâches ; je déclare qu’ils sont des calomniateurs, des traîtres, et des assassins de la liberté.

Quant à toi, Marat, tu as menti impunément, en disant que j’ai été chassé ignominieusement de plusieurs maisons où j’étois entré comme précepteur. J’ai occupé des chaires publiques, mais je n’ai jamais été instituteur dans aucune maison particulière. Tu as menti impunément, Marat, lorsque tu affirme que dans la ville de Saintes j’ai semé la division dans toutes les familles ou j’ai été reçu comme ami, et