Page:Jacques Roux à Marat.djvu/12

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où m’appelloit mon ministère, et que j’avais porté une main criminelle sur mon bienfaiteur.

Je n’ai jamais eu d’emploi dans la ville de Saintes, je n’y suis allé que cinq à six fois, mon plus long séjour n’a pas été de douze heures : ainsi ton numéro n’est qu’un tissu de mensonges et d’absurdités inventés à plaisir pour me nuire, pour rendre ton journal piquant. Il faut tout dire ici, Marat, je rend hommage à tes vertus civiques : mais ton amour-propre à souffert de ce que le club des Cordeliers m’avoit appellé le petit Marat, de ce qu’à la Maison Commune on m’avoit ainsi qualifié. Tu as cherché à me pulvériser, à m’anéantir pour jouir du plaisir de n’avoir plus de rivaux et d’imitateurs. D’un autre côté le moment des élections approche, tu appréhendois que les suffrages du peuple ne tombassent sur moi, tu as cherché à me rendre ridicule, odieux, abominable à tous ceux qui prononçoient mon nom avec quelque intérêt ; que dis-je, tu as eu la cruauté de dire que je ne m’appellois pas Jacques Roux : au reste, si pour avoir la paix il faut renoncer au surnom de petit Marat, j’en donne ma démission ; je n’apostasie pas pour cela les principes de la liberté que j’ai professé, principes que je défendrai jusqu’à la derniere goutte de mon sang. J’ajouterai que si j’ai montré du courage depuis la révolution, si j’ai déployé de l’énergie dans mes discours, ce n’a pas été pour faire du bruit, comme tu l’as écrit malignement, mais pour suivre le penchant de mon cœur. Mon sang est vif, pétillant, mon imagination est ardente ; je connois à fond la fourberie des hommes, j’ai toujours été opprimé, calom-