Page:Jacques Roux à Marat.djvu/15

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qu’il vient mettre la paix dans la société, il enflame la guerre ; il demande qu’on ouvre la discution sur l’adresse presentée par Jacques Roux au club des Cordeliers, et on refuse constament la parole à Jacques Roux ; en un mot le club des Cordeliers n’est plus qu’une tabagie, on y boit, on y mange, on y chante, on y joue, on dénonce, on menace, on frappe plusieurs membres, on les expulse sans les entendre ; les femmes, les hommes jouaient chacun leur rôle ; la femme Ultrick, épouse de Ultrick pétitionaire (cependant Aide de Camp) a l’insolence de désavouer les vœux de la Section des Gravilliers, et elle est couverte d’applaudissemens. Après une scene aussi scandaleuse, scene qui annonce la lâcheté et la perfidie des meneurs, scene qui rapelle les momens où Lafayette étouffa au Champ-de-Mars l’opinion publique par un masacre, scène dont le club des Cordeliers aura à rougir tant qu’on prononcera le nom de la liberté ; après un système d’oppression aussi combiné, après cet assasinat politique, comment oses tu me reprocher, Marat, d’avoir été expulsé des assemblées populaires.

Ah ! les vrais Cordeliers m’ont vengé… ils ont désaprouvé cette séance infâme où les droits de l’homme avoit été violés. Plusieurs Citoyennes dans l’excès de leur indignation, déchirèrent leur carte d’affiliation ; plusieurs membres en ont fait autant depuis cette époque, d’autres n’ont pas voulu les renouveler ; la société se dissout de jour à autre. Ainsi, Marat, mon exclusion, loin, d’être un sujet d’opprobre, est au contraire un titre de gloire, quand on considere que depuis quatre ans j’ai constament professé